L’hiver c’est pas bien, je suis contre.

Non, ce n’est pas encore l’hiver, toujours pas, même si quand même, dis-donc, ça y ressemble. Mais bon, tant que Sébastien Folin (ce fou-fou) n’a pas donné le top-départ, ben on est encore en automne. Mais Sébastien Folin c’est un copain (mais siiii) alors il m’en voudra pas si je dis que c’est l’hiver. C’est l’hiver, donc.

Dans la rue, on a froid. Très froid, même. La luminosité n’est plus qu’un rêve enfui, une utopie fugitive et un peu folle, Ô oui, je suis lyrique, mais n’empêche que c’est comme s’il allait faire nuit noire dans pas-longtemps toute la journée. Et ça, les gars, pour le moral, c’est bonbon. Le ciel est comme un lavis opaque..un élève débutant qui essaierait de faire un ciel de tempête à l’aquarelle mais qui en plus de mal maîtriser la technique du lavis, se serait planté en prenant de la gouache diluée (en plus, ça froisse le papier, un peu comme nos mines de navets). « Ah ben quand même, je vais sortir prendre l’air ». Ouaiiiiis, la bonne idée que voilà. A peine sortie, les doigts se figent, et ils sont gourds, voilà, et avec toutes mes couches superposées pour essayer de pas geler, je bouge à peu prés comme un playmobil et, de ma main pétrifiée, je me démantibule en soufflant pour attraper ma carte Tisséo (oui, le récit se passe à Toulouse, hein)

Dans le métro, deux jeunes me disent « asseyez-vous, madame », là, une confirmation vient de tomber: j’ai une sale gueule. Soit. Bon. Sortie du métro: hop j’attrape le prospectus qui rejoindra ses copains froissés dans mon sac (où l’on note le souci de ne pas souiller les trottoirs de ma ville par ailleurs déjà fort maculés par moult merdes canines (mais je m’énerverai sur ça plus tard). Oh, comme les couleurs sont moches, à côté, Derrick, c’est un tableau Fauviste. Oh, du gris..du gris clair, oui..ah, tiens! un petit gris foncé matiné d’une subtile nuance de beigeasse. Les arbres? Euh..gris-roux? (non, pas l’ex-entraîneur d’Auxerre, c’est une couleur, là). Bon ok, c’est moche, mais allé, on va pas se laisser abattre. Je sens que ma machoire est crispée par le froid et que, sans aucun doute, ça me donne une air franchement antipathique, ce dont je me fous un peu puisque je suis d’une humeur de chameau (si, ça existe, c’est Sébastien Folin qui me l’a dit). Mon nez doit être rougeaud, je m’en fiche aussi, j’adore les clowns (bon, ça c’est faux, ils me foutent les jetons, mais j’essaie d’avoir la positive attitude, c’est louable, non?). Allé, playmobil engoncé, marche marche, ça fortifie (n’importe quoi). N’y tenant plus (mes mains vont tomber et mon nez se nécroser), j’entre dans un magasin, à la recherche de chaleur. Oufff la-laaaAAaïëeeuh, la grosse soufflerie brûlante à l’entrée vient de désyhdrater mes lentilles de contact en un temps record. Remarque, grâce à l’irritation provoquée, la couleur de mes yeux est raccord avec celle de mon nez (hourra, avec un peu de chance, avec tout ce rouge,un petit gamin très myope me prendra peut-être pour Santa-Claus, je demanderai 10 euros à ses parents s’ils veulent faire la photo-souvenir). Très vite, une évidence : le dedans du magasin n’est d’aucun réconfort. D’abord, je commence à pas mal suffoquer vu que je suis habillée comme pour aller chasser le phoque (formidable, je vais peut-être transpirer et ensuite, dehors, avec le froid, mes vêtements se cristalliseront sur moi..), Mais surtout, je comprends vite que ma misanthropie latente risque de se réveiller d’un bond (avec sa tête qui tournera à 360° et tout). On bouscule mon sac, je me rétablis 15 fois pour rester debout, oup-oup, j’essaie d’avancer, mais tout le monde fait pareil. Ca joue du coude et du sac à main. Pour les plus perfides, ça joue du gros sac plastique dont une arète bien aigüe de parallépipéde empaqueté dépasse -paf dans les rotules-). Tout le monde veut attraper le même objet sur le même rayon, pour regarder l’étiquette-avé-le-prix-dessus, les bras levés, coudes dans ta gueule. Parce-que oui, hein, on veut bien faire un chouette cadeau au petit neveu mais dis, oh, on va pas se ruiner non plus (il est chiant, en plus, ce gosse, même pas reconnaissant…et entre nous, hein, il a bien la tête de son père…le crâne plat derrière et tout, etc.). Fatiguée de me frayer des passages entre des manteaux pelucheux et néanmoins hostiles, je repars, la queue entre les jambes (mais si je suis une femme..mais bon..quand même). Je ressors, les joues rouges, échevelée et avec assez de haine en moi pour faire exploser le système solaire en un regard (mon côté Bioman)..hop, je rengorge ma haine, et du même coup m’engorge (là, je ressemble à un dindon, donc). Le fameux coup du chaud/froid me donne des frissons, je me sens comme quand on va avoir une grippe, je n’aspire plus qu’à rentrer-maison avec un bon thé qui fume. Et une clope. Qui fume. Ben oui.

Mais bon, il y a du papier, des crayons, tout n’est pas foutu, allons. Ô mon chat-chat me fait la fête. Frotte-frotte dans les jambes, rrraou-rrraou vers moi avec un air si tendre, merveilleuse créature toute d’amour et de douceur.

Hein? ah, tu voulais juste des croquettes.

Hém.

Tout ça pour dire que vraiment, la période qui annonce les fêtes, c’est super.

C’est la fête.

Tout simplement.

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3 Réponses to “L’hiver c’est pas bien, je suis contre.”

  1. Arf c’est dur … et puis après y’a 2 ou 3 lumières qui nous réchauffent la pupille et le coeur quand même non ? ;o)

    Bonne semaine à toi !

  2. Anne-Laure:merci pour ce joli petit éclat d’optimisme auquel je réponds d’ailleurs:
    OUI!
    Et le 2ème commentaire appuie mon « OUI ».
    Car oui, en effet, malgré le rude hiver et son animosité, il y a bel et bien, de jolies douceurs toutes chaudes qui font qu’on sourit et qu’on se dit « quand même, hein, on est pas bien, là? ».

    Alors je dis : bon hiver à Anne-Laure, gardons l’optimisme en fier étendard,

    Et plein de baisers à mes douces lumières, en particulier ma chaufferette perso que j’aime et Louis, of course, mon casse-bonbons préféré, mi hijo, mi amor, mi vida!

    Hop Hop la vita é bella, no? come no? é…si!

  3. j’adore… je voyage par tes écrits… je suis dans le métro, dans la rué, je déambule avec toi…
    génial… Continue et restons en contact…

    Kamel

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