Chose promise chose molle.

Non, toujours pas de dessin que j’ai envie de poster. J’ai pas la verve de la main, en ce moment. Epargnant à mon lecteur mes petits soucis hormonaux (trop tard), je vais juste dire que je suis un peu chafouine ces jours-ci et que tout ce que je dessine m’évoque de la crotte de chévre mixée et rhâ ça m’énerve.

Du coup je me suis dit que j’allais dire du mal, c’est gratuit et ça peut toujours défouler. J’ai hier soir trouvé une cible toute idéale pendant que ma télé tournait, en la personne de Laurent Weil. C’était avant la diffusion de « La Môme » sur Canal plus. Mais siiiii ce petit film obscur dont personne n’a parlé et que seuls quelques happy few connaissent et encore, par bouche à oreille tant il est resté humble et confidentiel. Si on veut craner on peut dire avec un faux accent de Sue Ellen « Le vie en Wôse », mais bon.

Laurent Weil est une moule. Une grande moule, mais une moule. Ou une huître, j’hésite. Voilà un mec qui est donc censé être le « monsieur cinéma » de Canal Plus (elle-même jadis chaîne du cinéma…oui et du porno et du foot mais bon..maintenant ils font aussi PMU et compagnie, tout se perd et c’était mieux aaaavant) et bon ben..il y connaît rien, quoi, le gars. Il est là, planté, on sent bien qu’il a lu ses fiches et tout mais il est pas ‘dedans’. Ca se voit à l’espèce de vide intersidéral qui traverse ses yeux trés souvent. Ou à ses grands moments de flottement quand il est pris par surprise par une question piége. Genre un des invités cite un film qu’il aime, bam manque de pot c’est pas un film de Spielberg alors là tu vois la détresse dans le regard de Weil, il se dit merde-merde-merde c’est qui déjà ce con, là? J’ai pas d’exemple précis mais des souvenirs vagues. Je crois que c’est Béatrice Dalle qui avait évoqué son admiration pour un réalisateur et Laurent Weil avait fait sa légendaire tête de lapin pris dans les phares d’une voiture. Il savait pas. Il connaissait pas. Ses pupilles tressautaient bêtement de droite à gauche dans l’espoir fou d’accrocher un début de réponse (mais où donc? dans le décolleté visqueux d’Ariane Massenet, qui dégueule deux pauvres loches brûlées aux UV destinées à détourner le regard du visage ingrat qui trône plus haut?..). Je me souviens pas mais admettons. Fassbinder, par exemple. Un invité au débotté se met à parler de Fassbinder. Ben là, Weil il passe sous la table pour se pschitter sous la langue le spray Rescue des Fleurs de Bach, on le voit qu’il est mal, la preuve : il nous fait son sourire du ravi de la crêche. Il doit se dire, tiens, je vais sourire et avec un peu de chance la discussion va dériver sur la poularde à l’aïoli ou les fistules anales, au moins on rigolera un peu, hein, sourions oui sourions.

En fait, Laurent Weil on a l’impression qu’il découvre les réalisateurs au fur et à mesure des sorties et des fiches qu’il apprend. Culture perso…OH MON DIEU, le vide intersidéral, y a pas. Et donc quand Béatrice Dalle avait parlé de ce film et de ce réalisateur dont j’ai oublié le nom, ben je me souviens la caméra, forcément avait fait un plan logique de « Monsieur Cinéma de Canal Plus » en attendant de lui un truc, un sursaut, un léger commentaire ou un petit pétillement de l’oeil et en fait ben…non. je me souviens il était là, tout planté, là et il souriait. Le ravi de la crêche. Il souriait comme ces gosses pris en faute qui espérent avec toute leur candide sincérité que leur sourire et leur bonne bouille leur évitera le châtiment ou de devoir fournir des excuses. Il connaissait pas. Bien sûr, ça a généré une sorte de gêne sur le plateau, on la sentait flotter, presque palpable. Le pauvre Denisot sortait les avirons, il se disait bon, y a peut-être un truc cohérent qui va lui venir au grand con. Ben non. Il a dit un truc du genre « oui…euh oui » et ça toujours en souriant, là, avec les dents de devant. On a eu un plan rapide sur Dalle limite attérée mais pas vraiment surprise qui a murmuré une sorte de « bon d’accord enfin tant pis ». Et bon..ensuite j’imagine que Denisot a magistralement changé de sujet ou Ariane a fait jaillir dans un blop mou un de ses seins flasque pour mettre un peu d’ambiance…

Hier soir Laurent Weil interwievait donc Marion Cotillard. Il était content parce-que là quand même il avait eu connaissance du film, un peu. Puis surtout il avait les fiches. Alors comme toujours il a fait preuve d’une originalité et d’une pertinence remarquables : « alors, Marion, ce rôle, est-ce qu’il a été facile pour vous d’en sortir? parce-que quand même vous vous êtes vraiment mise dans la peau de Piaf.. » etc etc. Et il était content. Ravi, même. Un vrai santon.

Comme Cotillard est française il a pas pu poser une de ses questions préférées de quand il reçoit un acteur étranger : »vous savez parler français? vous pouvez nous dire quelque-chose? » Bon en général t’as Stallone, Jude Law, peut importe Sharon Stone etc et ils font « boo-ond’jour » ou « boo-ond’souar » et là Weil exulte (Ariane Massenet, elle est en révulsion de l’oeil si c’est un homme…bon bref). Il bat des mains, Weil, il est content de chez content c’est le plus beau jour de sa vie, enfin jusqu’à ce qu’Elijah Wood lui dise « j’eume le froméégee » où là il atteindra le Walhalla…

Le gars il croise les fréres Coen ou Kitano ben il va leur dire le « vous savez dire quoi en français », genre « et vous connaissez des gros mots, hein, en français, hein? » parce-que bon..ben il a pas mieux. Il sait pas. Il trouve tous les films formidables, il sourit tout le temps, il donne la durée des films, demande aux acteurs s’ils ont eu du mal à sortir indemne de leur rôle, de dire une phrase en français et basta, la v’la ton analyse cinéma.

Bon, je vais finir sur une note moins méchante. Car je dois à Laurent Weil une presque fière chandelle. Une flamme assez précieuse en tout cas. C’était à Cannes et il se faisait tard. Pour des raisons qui n’interessent personne, j’étais un peu contrariée, disons chafouine (oui, c’est récurrent). Je m’étais assise un moment dans l’idée de calmer ma nervosité avec une petite cigarette (oui je sais, c’est le mal). Soulagement il en restait dans mon sac mais de briquet point de trace et la rue était déserte. Pas un chat. Faut dire, c’était pas une rue fort fréquentée ni un horaire décent. Rien de pire que d’avoir une cigarette et pas de feu. Bon, et là, alors que je m’apprêtais à hululer ma détresse, il est arrivé. Ui…le Laurent Weil Et il fumait… Je me demande encore pourquoi il trainait dans cette rue sombre (il avait du se faire expulser d’une soirée en prenant Lars von Trier pour un serveur ou en lui disant qu’il ressemblait à Bourvil, je sais pas) en tout cas :Ô joie je l’aurais presque embrassé (dans le sens ‘prendre dans mes bras, s’entend’). Alors je me souviens avoir gueulé « hé, monsieur Weil! » (c’est palpitant, j’en ai bien conscience) donc il s’est un peu arrêté et bref j’ai dit » vous avez du feu s’il vous plaît? » et euh..ben il m’a prêté son briquet, quoi. Hum…chouette histoire, hein? Bon ensuite j’ai fait un truc que je déteste mais j’ai senti qu’il fallait que je garde une trace de cet instant béni, que ça servirait un jour (la preuve: ce post transcendant), j’ai dit « attendez M’sieu Weil je vais vous prendre en photo » et je lui ai mis mon gros flash dans les yeux. Voilà.

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Donc dans un élan de générosité je vais conclure en disans que bon, ben…(ohlala je sens le jeu de mot super merdique) Laurent Weil c’est pas une lumière en cinéma (une pensée pour les Fréres…je m’enfonce dans l’humour Picsou Mag) mais parfois, il a une étincelle.

[je m’en vais]

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11 Réponses to “Chose promise chose molle.”

  1. Mouahaha l’histoire des nibards-blop est trop pouark.

  2. Jean-mat Says:

    T’as reçu mon dossier la fraise collector? T’as bien aimée ma sélection? Je suis devenu fan de ton blog, c’est du journalisme gonzo en fait c’est pour ça que j’aime bien. tcho+

  3. Yes Jean-mat dossier bien reçu je tarde ds mes mails mais MERCI:)
    Yep merci pour le lien je connaissais même po dis-donc! cool m’en vais lire tout ça ^^ (j’espère juste pas finir comme l’initiateur du gonzo journalism mais non..j’crois pas, non!)

  4. Laurent Weil Says:

    Mais euh !

  5. putiiiiiiiiiiiin comme il prend cher dans les cacholes le Laurent Weil!!!!!!

    Bon je te l’accorde, il pose vraiment des questions dignes d’un sans-papier fraîchement débarqué devant la fnac
    Je te l’accorde aussi il a vraiment la lueur du chimpanzé qui a servit de cobaye à toute une batterie de test (sans doute pour du maquillage ou des tampons périodiques)

    Mais sinon il t’as quand même allumé, t’aurais pû poser avec lui!!!!!!!!!

    m’enfin bon qu’est-ce que tu va foutre a cannes?

  6. Alors mon ami, à Cannes, ça va t’étonner mais je vais….voir des films! Incrédible, no?
    Hé vi, des films à foison et gratis mon cochon, pour la cinéphile que je suis c’est juste le paradis.
    Aprés, se faire allumer par Weil ou serrer la main de Di Caprio (oui je la ressors à l’envi hein cette andecote!) c’est pour le folklore!

  7. je crois que t’es un peu trop V.I.P….

    pffff mais faut pas être invité?!

  8. Sébastien arrive ce weekend

    en attendant je sais pas si ce film vaut le coup de foutre environ 9€

    ah par contre j’ai vu 99francs et j’ai bien aimé…..

  9. lili azian c’est après d’abord sébastien doit rentrer à son village retrouver son maître Folin et ses deux nouveaux compagnons de fortune

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