Les désirs impossibles.

Ou comment créer soi-même une sorte de frustration, en dénichant au hasard de ses errances plus ou moins spirituelles, une chose sublime, comme un objet rêvé, mais qui ne pourra jamais, jamais exister.

L’autre jour, je chantais dans ma voiture (et ça, déjà, c’est quand même super intéressant). Bon, et je chantais, enfin je massacrais, ‘Rehab’ d’Amy Whinehouse. Et, tout en continuant à casseroler gaiment, est venue toute seule la voix d’Elvis (Presley, who else?). Cette voix que je peux entendre d’une façon précise à l’extrême dés que je le souhaite. Comme il en va de certains visages qui nous sont si familiers et/ou aimés qu’ils nous suffit d’en faire le souhait et parfois même sans fermer les yeux pour en voir les contours et les traits dans leurs moindres détails. La voix d’Elvis, c’est quand je veux et où je veux. Elle vient à moi en toute fluidité et avec une aisance et une exactitude inconditionnelles. Je peux même choisir l’époque, la voix jeune, avec encore quelques accents d’adolescence dans certains aigus, ou la voix qui a murit, avec comme ce voile dessus d’une sensualité à couper le souffle. Etc etc.

Et en entendant cette voix venue cette fois sans même que je l’appelle, juste comme un cadeau, je me suis mise à l’incorporer. Donc, en gros, j’ai continué à chanter en ‘faisant la voix d’Elvis’..ce qui là pour le coup relève du sacrilège car si je peux dans ma tête l’entendre fidèle dans ses moindres inflections, je bafoue et piétine toutes les lois de la bienséance et du respect lorsque j’essaie de reproduire cette voix de ma bouche.Mais c’est malgré moi.

Bon, enfin tout ça pour dire que je me suis retrouvée à chanter ‘Rehab’ de Amy Whinehouse avec la voix d’Elvis. Bien sûr, comme je savais que j’étais sacrilège, j’ai arrêté de chanter pour juste l’entendre dans ma tête et là ben..BAOUM…c’était génial. Tout simplement génial. C’était ça…y avait plus à chercher.C’était là.

Voilà, je n’entendrais jamais vraiment Rehab interprété par Elvis Presley (avec ses musiciens, ses choristes, son air de pas y toucher et un rire pas trés loin, quelque-part sensible par moment dans sa voix, un sourire indéniablement en disant « no,no.. »)

. Et quelque-part, sans rire, je jure que ça me fait une vraie peine, un vrai creux dans le ventre et dans le coeur.

C’est un désir impossible. Mais Dieu que je le trouve beau!

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